il n'y a ni diable ni dieu, pas de magie, ni d'âmes peut-être; même l'esprit est une chimère; il n'y a pas non plus de justice, pas de grandeur, pas même de strict bon sens; tout juste quelques braves types ennuyeux, une poignée de fous merveilleux, de folles délicieuses, et surtout, sur tout, du temps perdu, des merveilles jetées sans espoir à la face risible du non-sens, pour le bonheur de rien...
samedi 31 mai 2014
Le reflet d’un cri
le silencieux gémissement
l’appel échappé
corruption de l’indifférence envers autrui
ruine de sa sourde violence
l’obsédante servitude
au dogmatisme des miroirs
samedi 24 mai 2014
Soul Writing
Pour moi écrire, c’est comme l’impensable étreinte de deux gouttes de pluie investies d’une énergie qui les embraserait dès que l’herbe aurait fait sauter les fusibles. Ce que vous voudrez, rugissements aux jupes étroites, ventilateurs liquéfiés de néon, chiens brûlants à sept branches, serpent de Mercure à plumes, silencieuse sagesse de la conscience primordiale désaccordée au son de mon malheur cosmique… Visage de la bonté humaine aussi forte que l’esclavage, exil scintillant d’une terrible douceur, c’est mon pays, le beau fleuve, la Place des Miracles, la quête archaïque de la substance transformante, source de vie, réunification de l’individu avec la terre maternelle, renaissance perpétuelle du démon spirituel et numineux, le trésor difficile à atteindre, obscure prima materia, céleste nature de la vivifiante quintessence.
Je m’enfonce au creux des mots, forgeant le verbe, le rongeant par le centre, indifférent au chaos qui m’entoure, aux innombrables aberrations qui font le bon sens, le sens unique, sans retour en arrière possible, sans issue. Malgré la peur panique qui m’envahit, comme chacun, lorsque quelque chose en moi s’est abîmé, je n’ignore pas que seule la désintégration sans appel des figures trompeuses que prennent ce « Moi » à mes propres yeux mettra à jour l’inaltérable, l’éternel tapi au fond de mon être, comme en chacun.
dimanche 18 mai 2014
Avis aux soleils tape-à-l’œil
Et voilà bien aussi la vérité : on n’avance pas plus ses affaires qu’on ne les retarde à aller se coucher.
Sœren Kierkegaard (Riens philosophiques)
samedi 10 mai 2014
Le petit monument que j’érige fait soudain figure d’énormité
-1-
la nuit des sens
l’épuisement du rire
la tentation du sommeil
-2-
au carrefour
une voix dure
manger
demain
vivre
-3-
m’a-t-il suffi de fermer les yeux
pour qu’aussitôt la glace et le miroir
cherchent leur accomplissement
dans la chaleur trouble
de ma lunaire
rêverie?
samedi 3 mai 2014
samedi 26 avril 2014
Mon ermitage coloré
J’ai élu domicile au cœur
de la montagne :
Sur la voie des oiseaux, il
n’est plus trace humaine.
Qu’y a-t-il autour de mon
jardin?
- De vagues rochers
qu’embrassent les nues blanches.
Cela fait bien des ans que
je vis en ces lieux
Et maintes fois j’ai vu
l’hiver fondre en printemps.
Aux riches allez dire, et
aux gens de la Cour,
Qu’un nom vide ne sert,
pour sûr, à rien!
(Écrit sur un rocher, il y a de cela douze siècles, par
Han-shan, poète et vagabond.)
Une timide lumière s’insinue dans mon salon pour atterrir
sur un magma de couleurs que j’ai échappé sur une feuille.
La spontanéité, c’est l’accord fulgurant du
geste et de l’idée.
Cette idée-là pour être livrée intacte ne
doit pas être réfléchie.
La pureté seule du geste
sans
hésitation
ni
labeur
la révèle…
Le hasard lui, ne révèle que lui-même.
En fait, je n’échappe rien; c’est le
résultat qui m’échappe.
Je sonde
l’inconnu à grands coups de traits
de souffle
de
couleurs
de mots
sans garantie
sans certitude
qu’il
en sortira quelque chose
samedi 19 avril 2014
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