samedi 11 mai 2013

Vaine quête du vrai

toujours tu entendras
les nuages estropiés
le destin qui se tait

l’homme hypothétique se lève
l’homme virtuel s’exclame
l’homme potentiel s’extasie

la vérité n’est ni chaste
ni pure

la vérité est une grimace qui se cache


vendredi 3 mai 2013

Marine



pour sa façon de rougir
la bouche ouverte
le front patient
suçant des bonbons
à haute voix
sur le seuil venteux de sa maison
tuiles chaudes
au-dessus de l’échine

pour ses cyprès sous la lune
ses ciels déchirés d’orient
pour la subtile horreur anthropophage
de ses cils papillonnants
je salue la poulpe

dimanche 28 avril 2013

La fosse aux sceptiques




Éliminer l’inadaptation, résoudre le problème que toute société se pose à elle-même :
Comment faire tourner la roue? Comment s’enfermer définitivement dans le cercle de sa propre aberration?

C’est par la voix de l’inadapté que la société est le plus durement confrontée à ses échecs.
Elle prétend les éliminer en le réduisant au silence.

On enterre le cadavre dans la cour et on s’étonne de l’odeur étrange...

vendredi 19 avril 2013

La joie absurde d’être

Cette curieuse impression d’émerger des événements, une brusque détente dans un flamboiement d'enfer, un désespoir joyeux, le ventre ouvert, entrailles répandues sur le sol, comme le dernier écho d’une catastrophe éternelle, permanente, mais ignorée, anéantie par la joie absurde d’être, douloureusement, totalement; cette étrange certitude, épuisé, meurtri, que le ciel est encore clair, le fleuve accueillant, même glacé, même boueux, qu’un roulement de tonnerre ne contient rien qu’un soupir plongé dans les flammes.


vendredi 12 avril 2013

Contre-temps















ce n’est pas tant se perdre
ou même simplement se chercher
ce n’est pas tant d’avoir dit non à tout
de ne trouver sa place nulle part

c’est juste le refus du temps

le temps inventé
enfoncé dans les cervelles dociles
les têtes dupes
qui se plient se contorsionnent se pâment
fuient lamentablement

le temps qui est tout
tout en n’étant rien
que la somme des dégâts
dont rien ne restera

vendredi 5 avril 2013

Passage obligé?

Imaginez : faire de chaque jour une aventure et se coucher en se disant « wow, quelle journée! » Tout le contraire de compter les heures avant de s’anéantir dans l’espoir que demain sera plus supportable…

Pour la plupart d’entre nous pourtant, passer irréversiblement de l’un à l’autre, c’est simplement vivre le passage à l’âge adulte.