toujours tu entendras
les nuages estropiés
le destin qui se tait
l’homme hypothétique se lève
l’homme virtuel s’exclame
l’homme potentiel s’extasie
la vérité n’est ni chaste
ni pure
la vérité est une grimace qui se cache
il n'y a ni diable ni dieu, pas de magie, ni d'âmes peut-être; même l'esprit est une chimère; il n'y a pas non plus de justice, pas de grandeur, pas même de strict bon sens; tout juste quelques braves types ennuyeux, une poignée de fous merveilleux, de folles délicieuses, et surtout, sur tout, du temps perdu, des merveilles jetées sans espoir à la face risible du non-sens, pour le bonheur de rien...
samedi 11 mai 2013
mardi 7 mai 2013
vendredi 3 mai 2013
Marine
pour sa façon de rougir
la bouche ouverte
le front patient
suçant des bonbons
à haute voix
sur le seuil venteux de sa maison
tuiles chaudes
au-dessus de l’échine
pour ses cyprès sous la lune
ses ciels déchirés d’orient
pour la subtile horreur anthropophage
de ses cils papillonnants
je salue la poulpe
dimanche 28 avril 2013
La fosse aux sceptiques
Éliminer l’inadaptation, résoudre le problème que toute société se pose à elle-même :
Comment faire tourner la roue? Comment s’enfermer définitivement dans le cercle de sa propre aberration?
C’est par la voix de l’inadapté que la société est le plus durement confrontée à ses échecs.
Elle prétend les éliminer en le réduisant au silence.
On enterre le cadavre dans la cour et on s’étonne de l’odeur étrange...
vendredi 19 avril 2013
La joie absurde d’être
Cette curieuse impression d’émerger des événements, une brusque détente dans un flamboiement d'enfer, un désespoir joyeux, le ventre ouvert, entrailles répandues sur le sol, comme le dernier écho d’une catastrophe éternelle, permanente, mais ignorée, anéantie par la joie absurde d’être, douloureusement, totalement; cette étrange certitude, épuisé, meurtri, que le ciel est encore clair, le fleuve accueillant, même glacé, même boueux, qu’un roulement de tonnerre ne contient rien qu’un soupir plongé dans les flammes.
vendredi 12 avril 2013
Contre-temps
ce n’est pas tant se perdre
ou même simplement se chercher
ce n’est pas tant d’avoir dit non à tout
de ne trouver sa place nulle part
c’est juste le refus du temps
le temps inventé
enfoncé dans les cervelles dociles
les têtes dupes
qui se plient se contorsionnent se pâment
fuient lamentablement
le temps qui est tout
tout en n’étant rien
que la somme des dégâts
dont rien ne restera
vendredi 5 avril 2013
Passage obligé?
Pour la plupart d’entre nous pourtant, passer irréversiblement de l’un à l’autre, c’est simplement vivre le passage à l’âge adulte.
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