lundi 11 août 2014

Revenons à nos moutons

L’improbabilité de l’être grandit avec l’accroissement des masques de la certitude creusant l’abîme entre un réel d’autant plus rassurant qu’il est pauvre, ne renvoyant qu’à lui-même, et les vertiges d’une plénitude perpétuellement menacée de néant.

vendredi 8 août 2014

Ben non, ben non, c’est pas si dur que ça le français…

À toutes les Julie de notre Bô Kébec :

Aruspices atrabilaires, laudatrices d’entéléchie cacochyme, cénotaphes à colifichets, votre empyrée anacréontique, mithridatisme apagogique, palinodie de prosélytes décavées, galimafrée de sybarites melliflues, ça fait un osti d’boutte qu’on essaye de nous le passer.

Mais ça s’adonne que des pas fatigués d’être ce qu’ils sont, de parler cette langue unique qui les distingue, les définit, y en reste encore. Pis pour longtemps!

How much is this? Trop pour vous autres? Pas de problème. Passez votre chemin! D’autres exprimeront à votre place ce qui vous restera dans la gorge au moment où vous en aurez le plus besoin.

(Who the fuck cares about it anyway?)

samedi 2 août 2014

En cette lointaine époque où ma timidité prenait encore l’autobus…

Depuis un bon moment déjà, je lui lançais de rapides regards obliques, cherchant une quelconque observation susceptible d’amorcer la conversation. Chaque tentative était soumise à un sévère examen, anticipation analytique des multiples possibilités d’enchaînement. Ce petit manège eut pour conséquence prévisible de me confiner dans un mutisme empreint de sudation. Elle se leva bientôt pour être aussitôt remplacée par un lourdaud empestant l’alcool qui se considéra d’emblée comme responsable de mon embarras non encore dissipé. Il me toisa sournoisement pour ensuite me lancer avec son plus suave sourire : « Ch’te dérange-tu ti-gars? »

Un léger hochement de tête ayant suffi à éluder la question, je sombrai peu à peu dans une rêverie à peine perturbée par les soubresauts du poivrot qui somnolait déjà. Coincé entre le pochard et la fenêtre, je souriais à l’idée qu’une brève rupture dans le temps avait suffi à transformer l’objet d’une ultime aspiration en un amas inerte et puant, symbole grotesque du poids de la réalité…

samedi 26 juillet 2014

Quichottisme pictural

























Les peintres authentiques, les vrais acharnés, narrent sans fin leurs efforts incessants, leurs échecs constants, le gigantisme de leur tâche et ils ne le disent pas, ils ne le hurlent pas sans relâche en regard d’une autre peinture, mais en considération de l’inépuisable éclat du monde porté par une vision.

samedi 19 juillet 2014

Ermitage catastrophique

J’ai trouvé un coin tranquille
la réalité troublée
décomposée
en morceaux
sous la prostration des circonstances

J’ai trouvé un coin tranquille
je suis parti
me suis perdu
entendant la catastrophe
sous les phrases folles
musicales

J’ai trouvé un coin tranquille
un peu solennel et grinçant
sans vacarme pour s’esclaffer

dimanche 13 juillet 2014

Implosion

dans l’embrasure d’une communion d’éclipses
rencontre prophétique
des résistances
des obscurcissements inconscients
empruntent la relativité d’un problème éternel
par un arrêt discret des passions et des craintes
pour s’éteindre avec fracas
comme le présage scellé de la foudre et du feu

dimanche 6 juillet 2014

Les salades de l’érudition

Le Savoir est Tout. Des médicaments au fond d’une corbeille, le coussin d’un chat, du papier de soie, une pile de tissus, le moindre interstice de notre quotidien, le mouvement d’une fourmi, les lettres, les voix haut perchées, les traces d’un alunissage, le néant, l’existence, l’être, la signification du verbe tirer, le silence d’un wagon immobile, des mains pleines, une grimace, des ballons, une mère, un père, des péchés, une atmosphère, la poussière, la fragilité, un départ, une femme, un magicien, quelques années, le minimum de place, peu de chose, la gloire, une soirée, les faits. Le savoir est tout. Tout ce qui donne l’illusion de la consistance, la densité de l’esprit planté au cœur de la matière plantée au cœur de l’esprit.